Appel à propositions

L’écrivain-traducteur : Ethos et style d’un co-auteur

9 novembre 2017 - 10 novembre 2017
Appel à contributions : 4 novembre 2016 - 30 avril 2017
La composante ÉCRIRE lance un appel à contributions (jusqu'au 30 avril 2017), pour un colloque, organisé à l'Université Grenoble Alpes les 9 et 10 novembre 2017, puis à Paris les 18 et 19 janvier 2018, se proposant d’étudier les écrivains-traducteurs du XXe siècle à aujourd’hui.
Les théories de la traduction, depuis les années 1980, donnent au traducteur un véritable rôle de créateur. […] Le texte traduit est pourtant encore très largement marginalisé dans les études littéraires, même lorsque son traducteur est un auteur reconnu dans le champ et l’histoire littéraires. Elles l’envisagent non comme un objet autonome, mais comme medium dans le processus de communication entre un auteur et un lecteur. […] Au cœur de cette défiance généralisée à l’égard du texte traduit – alors même que la France est, avec l’Allemagne, l’un des deux pays à traduire le plus de littérature étrangère – se trouve la question complexe du statut du traducteur et de son auctorialité, avec des enjeux notamment légaux. […] Floue d’un point de vue légal, l’auctorialité du traducteur est également contradictoire dans la présentation que se construit un auteur de traduction, aussi bien dans son texte que dans son entour. […] Dans le prolongement du texte traduit, la question d’une bipolarité éthique et stylistique peut se rejouer au niveau de l’esthétique d’une œuvre, par la pratique de la référence complice ou, au contraire, distinctive. […] La question de la construction de l’ethos de l’écrivain-traducteur amène également à revaloriser et à interroger le rôle de celui-ci au sein de l’histoire littéraire, qu’il démembre et recompose, ou encore celui du texte traduit comme creuset d’expérimentations stylistiques.

Ce colloque propose ainsi d’étudier les écrivains-traducteurs du XXe siècle à aujourd’hui pour réfléchir sur une présentation de soi contradictoire, au travers notamment de ses marqueurs stylistiques, en mesurer les incidences sur les écrits postérieurs aux traductions, et revisiter l’histoire littéraire en reconstituant la cartographie souterraine de signatures qui migrent de la marge (mention du traducteur) au centre (sceau de l’auteur). Dès lors, c’est la notion de responsabilité auctoriale qui se trouve interrogée dans ses dimensions énonciatives, stylistiques, pragmatiques, esthétiques, sociopoétiques et historiques. Les communications privilégieront l’étude d’écrivains-traducteurs de langue française (première ou seconde), pour appréhender la posture ambivalente d’un lettré par ailleurs auteur d’une œuvre autonome. Débordant le champ de la traductologie, les approches poétiques, génétiques, stylistiques, juridiques, historiques et sociologiques sur des études de cas seront les bienvenues.
Mis à jour le 20 janvier 2017